Histoire

Considérés par les anthropologues comme le passage à la civilisation, les rites funéraires n’ont cessé de se modifier à travers les siècles sous l’influence des us et coutumes, des mentalités, des religions et des relations avec les autres peuples.

La crémation au fil des siècles 

La crémation semble avoir été largement pratiquée dans le centre de l’Europe dès l’âge de bronze et jusque dans l’Antiquité, par les Grecs et les Romains. Ces derniers conservaient les cendres dans des urnes en terre cuite ou en verre, parfois insérées dans un récipient protecteur en pierre ou en plomb. Les urnes cinéraires étaient soit inhumées, soit scellées sur des monuments sur lesquels figuraient des épitaphes ou les statues des défunts. Les tombeaux étaient érigés très visiblement le long des voies d’accès aux cités afin que les morts puissent être honorés à l’entrée des villes.

Ces rites funéraires se sont poursuivis jusqu’à la chute de l’Empire Romain (Vème siècle). La crémation disparaît avec l’avènement de l’ère chrétienne au profit de l’inhumation, en raison de la référence à la mise au tombeau du Christ et du souvenir des premiers martyrs chrétiens, mis à mort sur des bûchers, sous l’empire romain. En 785, Charlemagne interdit la crémation dans son royaume. Par la suite, les bûchers seront réservés aux hérétiques.

La crémation est à nouveau autorisée en France depuis le décret du 27 avril 1889, issu de la loi du 15 novembre 1887 sur la liberté des funérailles. Jusque là opposée à la crémation, l’église catholique autorise ce type de funérailles pour ses fidèles depuis le Concile Vatican II de 1963.

L’islam interdit cette pratique funéraire ; le judaïsme et l’église orthodoxe la prohibent  également, bien que certains juifs libéraux la choisissent et qu’en Grèce elle soit tolérée. Pour les Hindous et les Bouddhistes, la crémation est nécessaire afin que l’âme puisse se libérer du corps.

 

DSC02214

Le renouveau de la crémation

La culture occidentale moderne, en constante évolution, repose à présent sur des valeurs de régénération et de purification que la crémation permet de représenter. Les obsèques sont organisées autour de la crémation et de la dispersion des cendres (il n’y a alors pas de dégradation du corps, mais un retour rapide à la nature).


C’est ainsi que de plus en plus de personnes se déclarent favorables à une crémation, et que le taux de crémation progresse de 1 à 2% par an. La moyenne française se situe autour de 30%, et dépasse les 40% dans les grandes villes, notamment en raison de l’installation en zone urbaine des crématoriums. Plusieurs facteurs peuvent également  inciter au choix de la crémation :

  • la dispersion de la cellule familiale : les tombeaux de familles sont souvent délaissés,
  • le manque de place dans les cimetières,
  • le prix des concessions,
  • le coût, inférieur au coût d’une inhumation,
  • la perception plus écologique (le corps revient plus rapidement à la nature),
  • l’aspect laïc que peut revêtir la cérémonie (la moitié des cérémonies de crémation ont un caractère laïc).